JAN KOPP

Né en 1970 à Francfort. Vit et travaille à Paris depuis 1990.

Jan Kopp
Vos mots, 1998,
texte sur plaques de plexiglas, lettrage blanc en helvética,
sur les contre-marches de la passerelle
(photographie Q.Bertoux)

Vos mots ... (Your Words)
Les passants et les amateurs de pédalos peuvent trouver presque au niveau de leurs yeux (en montant des marches ou en accostant à la jetée) des mots et des phrases qui se présentent comme des fragments d'une histoire à la fois individuelle et commune à nombre d'entre nous.
"Le projet commence par une sorte de collecte de mots. Toute phrase trouvée est photographiée et transcrite en déconstruisant la phrase en mots. Ce n'est qu'avec ces mots-là que le texte exposé se construit. Ecritures et expressions trouvées sont le matériel de base de ce travail; si celui-ci est presque documentaire, les expressions alimentent une fiction amenant un regard extérieur, celui de l'auteur. Les deux lieux choisis pour l'installation (quelques marches de la passerelle au-dessus de la voie ferrée, ainsi que le bord de la jetée) soulignent le fait qu'il s'agit d'une histoire qui s'est construite à partir d'un vocabulaire trouvé dans l'espace public, et qui essaie de toucher les personnes ayant potentiellement fourni ce vocabulaire. Les deux lieux ainsi que la disposition des panneaux donnent au texte un caractère de message secret, de message codé (ce qui était au départ la qualité du message récupéré), comme des bribes de mots sur les papiers ou les graffitis énigmatiques." (Jan Kopp)


Ici, les dieux d'Homer cherchent
Les mères âcres et les putains impeccables.
Les femmes, meufs et filles,
Les garçons et mecs.
Les chiens sérieux et le chat rouge.
Les nains de la cave,
Le fasciste individuel avec le petit punk.
L'artiste de justice,
Le champion de section et
Le profiteur du répondeur.
No gang, no swarm, no clan,
Pas de patrouille, pas d'armée vaincra
Le monde entre bureau et gare
L'état calme mis dans les quartiers où
Le centre d'immeuble reposa au nord
L'entree en cul de bac, avec
Les WC (pas les chiottes) ensoleillés
Le parquet zebio français
Le téléphone cami kabyle
Et tjs des jeunes signes fragiles aux murs,
Service d'info avec pas mal de fautes
Denis le saint d'Argenteuil,
Djelloul, le cesar de Sarcelles et Julie, la future de Laurent en Israël,
Prennent les bains d'Enghien :
Pour dégager le jamais vu,
Pour afficher le joli body,
Pour chercher la longue force.
Zero alerte à domicile, que du rago!
Là, Natasha aime bientôt Spike,
Le Rugby Superm. du York,
Celui que ma France traite de toxico, barjo.
Avec son ton dure :
Oh, j'aimerais vivre 630 000 ans en 3mn!
Repondez vite, les frères, soeurs et camerades
.

 

Description : Des mots peints en blanc sur des plaques de plexiglass fixées verticalement.

Localisation : Sur les marches de la passerelle au-dessus de la voie ferrée à la gare SNCF, et sur le rebord de la jetée. Cette partie de l'oeuvre n'est visible que de jour et à partir du lac (barque, pédalo). Accès public permanent.

Visibilité sur les marches de jour et de nuit.